dimanche 11 mars 2012

Le quatrième jour, lundi.

Départ midi, retour 18 h environ. Une trentaine de kilomètres à vélo pour visiter Berlin et le fameux Tacheles à Oranienstrasse. La métropole est taillée sur mesure pour les vélocipèdes, ils sont prioritaires sur les voitures et ont leurs propres circuits. La métropole c’est preque la moitié de fôrêt, de parc, de champs ou d’eau. Autant dire, qu’on y respire bien.

Le soir après un bon repas, empreint d’influence turque, nous allons chez un ami de Janet. C’est habituel en Allemagne, on mange de bonne heure et après on sort chez des amis pour boire une bière, que l’on a coutume d’amener avec des petits gâteaux assez souvent. On ne vient pas vraiment les mains vides. Heike est identique à sa ville, dans la pièce où l’on dégustera notre petit apéro après repas, il y a des étagères surchargées de livres, vinyls, bières vides, le tout fièrement protégé par un tigre grandeur nature. La bête a été adoptée alors qu’elle gisait tristement dans la rue, livrée à elle-même. Deux pyramides en sucre s’élèvent fièrement de leur pied d’estale, Karnac et louxor d’une blancheur scintillante, résultat d’un test paternel pour démontrer la construction d’une telle architecture à un fils curieux. Le rétroprojecteur est accroché au plafond suspendu dans une bannette en plastique, les ronds de batterie à côté font face aux deux enceintes enchaînée aux coins opposés. Quarantenaire au cheveux délivrés, Heike est un authentique jouvenceau berlinois amateur de heavy metal. Il nous raconte, surrexcité, son concert de la veille. Les allemands d’ici, ont trouvé depuis bien longtemps l’elixir de jouvence, même affublé d’une responsabilité parentale, on reste celui qu’on était, avec quelques rides en plus…bien qu’ici, même les crevasses du temps semblent avoir été ravalées pour d’autres occasions moins glorieuses. Heike, je le connaissais déjà, j’avais eu l’occasion de découvrir les déboires qui l’ont malmenés dans les courts-métrages , que Janet m’a montrés. J’ai malheureusement mal à la tête, trop fatiguée de ma journée, je lutte contre ce marchand de sable mais ne tarde pas à déclarer forfait, satané corps qui gagne encore une fois la lutte. Assise sur mon canapé, je me verrais bien dans quelques mois. Ils deviendraient bien mes amis, mes amis cool de Berlin, car les allemands sont cools, comme répètent fièrement Heike, ce que les chanteurs de Costa Rica lui ont déclaré hier. Je me vois bien, me retrouver le soir pour une bière et discuter du prochain stop motion, ou court métrage que nous pourrions faire. En attendant de revenir, je dois aller soigner ma tête et dormir.

Je me rappelle au fond de mon lit, les quelques objets insolites découverts chez Heike. Il y avait un casque dont les mousses aux oreilles avaient été remplacées par des rectangles de mousse synthétique, et qui leur conféraient un aspect d’éponge que l’on aurait pu enfiler sur la tête. Quelques peluches disposées sur le lit, donnaient un air d’éternel enfant à ce père de trois autres. Les affaires éparpillées par-ci par-là, et un hôte distrait rendirent nécessaire un temps certain pour préparer le thé. Une soucoupe, puis une cuillère, ah il manque une tasse…petit coup de serviette pour réutiliser celle qui a servi un peu plus tôt. Du sucre.. ? Et bien il n’en manque pas à dire vrai : se servir directement en Egypte qui se situe sur le buffet. 

Posté par Belune à 12:33 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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